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Un certain nombre
de garanties sont accordées aux membres du conseil municipal dans leur
activité professionnelle. Ces garanties, qui visent à permettre à l’élu de
pouvoir consacrer un minimum de temps au service de sa collectivité,
prennent en pratique la forme d’autorisations d’absence et de crédits
d’heures.
1 - Autorisations d'absence
Elles concernent :
• les séances
plénières du conseil municipal,
• les réunions de commissions instituées par délibération du conseil
municipal,
• les réunions des assemblées délibératives et bureaux des organismes où
l’élu représente la commune (EPCI, SEM ...).
Elles
s’appliquent aux maires, aux adjoints, aux conseillers
municipaux ainsi qu’aux élus intercommunaux (des communautés et
des syndicats à condition, pour ces derniers, qu’ils aient un mandat de
conseiller municipal).
L’employeur (public ou privé) est obligé de laisser à l’élu
le temps nécessaire pour se rendre à la réunion et y participer,
mais n’est pas tenu de payer ces périodes d’absence, pendant
lesquelles les droits en matière de prestations sociales, congés payés et
ancienneté sont toutefois maintenus.
Les élus salariés, fonctionnaires ou contractuels doivent informer par
écrit leur employeur de la date et de la durée des absences envisagées
dès qu’ils en ont connaissance.
Le décret n°59-310 du 14 février 1959 ainsi que
les circulaires FP n°905 du 3 octobre 1967 et FP n°1296 du 26 juillet 1977
étant abrogés, la circulaire FP/3 n°2446 du 13 janvier 2005 précise que
dorénavant les fonctionnaires se verront appliquer exclusivement les
dispositions du droit commun (cf. art. L.2123-1 du CGCT).
Références
Articles L.2123-1, L.2123-2, L.2123-7 et L.2123-25 du CGCT
Articles R.2123-1 à R.2123-3 du CGCT
-
Fonctionnaires
Circulaire FP/3 n°2446 du 13 janvier 2005
- Agents contractuels de l’État et des collectivités
territoriales
Loi n°2002-276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité
(article 95)
2 - Crédit d'heures
Ce crédit d’heures doit permettre à l’élu de « disposer du temps
nécessaire à l’administration de la commune ou de l’organisme auprès duquel
il la représente et à la préparation des réunions des instances où il siège
».
Indépendant des autorisations d’absence, le crédit d’heures est un droit
réservé à tous les maires et à tous les adjoints, quelle que soit la taille
de la commune.
Dans les villes
de plus de 3 500 habitants, ce droit s’applique également aux conseillers
municipaux.
L’employeur (public ou privé) est tenu d’accorder ce crédit
d’heures aux élus qui en font la demande mais ce temps d’absence,
d’ailleurs réduit proportionnellement en cas de travail à temps partiel,
n’est pas rémunéré (les droits en matière de prestations sociales,
congés payés et ancienneté sont toutefois maintenus).
Ce crédit d’heures, forfaitaire, trimestriel et non reportable d’un
trimestre sur l’autre est déterminé en fonction de la durée légale du
travail.
Montant
trimestriel du crédit d’heures
Le tableau ci-dessous présente le montant du crédit d’heures dont peuvent
bénéficier les maires, adjoints et conseillers municipaux en fonction de
l’importance démographique de leur commune.
|
Taille de la
commune |
Maire |
Adjoint |
Conseiller
municipal |
|
moins de 3
500 habitants |
105 h |
52 h
30 |
Pas de crédit d’heures |
|
3 500 à 9 999 hab. |
105 h |
52 h
30 |
10 h
30 |
|
10 000 à 29 999 hab. |
140 h |
105 h |
21 h |
|
30 000 à 99 999 hab. |
140 h |
140 h |
35 h |
|
plus de
100 000 hab. |
140 h |
140 h |
52 h
30 |
NB. Crédit d’heures des conseillers municipaux bénéficiant d’une
délégation de fonction
- dans les communes de 10 000 à 29 999
habitants, les conseillers municipaux qui bénéficient d’une délégation de
fonction disposent d’un crédit d’heures forfaitaire et trimestriel de 105
heures ;
- dans les communes de plus de 30 000 habitants, les conseillers municipaux
qui bénéficient d’une délégation de fonction disposent d’un crédit d’heures
forfaitaire et trimestriel de 140 heures.
Certains conseils municipaux (communes chefs-lieux, touristiques,
sinistrées, stations classées, stations de sports d’hiver ou d’alpinisme,
attributaires de la dotation de solidarité urbaine au cours de l’un des
trois exercices précédents ...) peuvent voter une majoration de ces crédits
d’heures sans dépasser 30 % par élu.
Lorsqu’un adjoint ou un conseiller supplée le maire empêché, il
bénéficie, pendant la durée de cette suppléance, du crédit d’heures de
celui-ci.
L’élu salarié, fonctionnaire ou contractuel doit informer son employeur par
écrit, trois jours au moins avant son absence, de la date et de la durée de
l’absence envisagée ainsi que de la durée du crédit d’heures qui lui reste à
prendre au titre du trimestre en cours.
En cas de cumul de mandats, le montant maximum du temps d’absence
(autorisations d’absence + crédits d’heures) ne peut dépasser la moitié de
la durée légale du travail pour une année.
Les élus qui ne perçoivent pas d’indemnités de fonction et qui peuvent
justifier d’une diminution de rémunération du fait de l’exercice de leur
droit à des autorisations d’absence ou de leur droit à crédit d’heures,
peuvent bénéficier d’une compensation financière de la part de la commune ou
de l’organisme auprès duquel ils la représentent.
Cette compensation est limitée à 72 heures (à une fois et demie la
valeur horaire du SMIC) par élu et par an1).
Elle est de même nature que l’indemnité de fonction et est donc soumise à
CSG et à CRDS.
1) Soit au 1er juillet 2005 : 867,24 € par élu et par
an (tarif horaire du SMIC au 01.07.2005 : 8,03 €)
Ceux-ci peuvent
bénéficier, à leur demande, d’un aménagement de leur emploi du temps
en début d’année scolaire et leur crédit d’heures est réparti entre
le temps de cours proprement dit et le temps complémentaire de service.
Cette demande
s’effectue auprès du rectorat en suivant la voie hiérarchique.
Exemple d’un maire d’une commune de moins de 10 000 habitants,
professeur certifié :
18 heures de cours par semaine
17 heures de temps complémentaire de service
par semaine (35 h - 18 h)
105 heures de crédit d’heures par trimestre
crédit d’heures
imputé sur les heures de cours (105 x 18)
/ 35 = 54 heures par trimestre
soit à peu près 4
h 30 de cours en moins par semaine.
Les présidents,
vice-présidents et membres des établissements publics de coopération
intercommunale disposent, dans le cadre de l’exercice effectif de leurs
fonctions, d’un droit à crédit d’heures dont l’étendue varie en fonction
de la nature de l’EPCI et de la fonction exercée au sein de l’organe
délibérant.
Les présidents, vice-présidents et les membres de l’organe délibérant des
• communautés de communes,
• communautés urbaines,
• communautés d’agglomération,
• communautés d’agglomération nouvelle,
sont
respectivement assimilés au maire, aux adjoints et aux conseillers
municipaux d’une commune dont la population serait égale à celle de
l’ensemble des communes composant l’EPCI.
Le crédit
d’heures des présidents, des vice-présidents et des membres de l’organe
délibérant des EPCI précités s’ajoute à celui dont ils bénéficient au
titre d’autres mandats.
Toutefois, dans un tel cas, le montant maximum du temps d’absence
(autorisations d’absence + crédits d’heures) ne peut dépasser la moitié de
la durée légale de travail pour une année.
NB. Les présidents, vice-présidents et membres des organes délibérants
des
• syndicats de communes,
• syndicats d’agglomération nouvelle,
• syndicats mixtes constitués exclusivement de communes et d’EPCI,
qui n’exercent pas de mandat municipal, sont respectivement assimilés, pour
le calcul du montant de leur crédit d’heures, au maire, aux adjoints et aux
conseillers municipaux de la commune la plus peuplée de l’EPCI.
Références
Article 10 de la loi n°2000-295 du 5 avril 2000 relative à la limitation du
cumul des mandats électoraux et des fonctions électives et à leurs
conditions d’exercice
Article L.2123-1 du CGCT (autorisations d’absence)
Article L.2123-2 du CGCT (crédit d’heures)
Article L.2123-3 du CGCT (compensation financière)
Articles L.2123-4 à L.2123-6 et L.2123-22 du CGCT (majorations)
Articles L. 2123-7 et L. 2123-25 du CGCT (maintien de droits)
Articles R.2123-1 à R.2123-2 du CGCT(autorisations d’absence),
Articles R.2123-3 à R.2123-8 du CGCT (crédit d'heures)
Articles R.2123-9 à R.2123-10 du CGCT (temps maximal d'absence)
Article R.2123-11 du CGCT (compensation des pertes de revenu)
- Enseignants
Article R.2123-7 du CGCT
- Fonctionnaires
Articles R.2123-5 et R.2123-11 du CGCT
- EPCI
Articles L.5216-4 (communautés d’agglomération), L.5215-16 (communautés
urbaines), et L.5214-8 (communautés de communes) du CGCT.
Article R.5211-3 du CGCT
3 - Garanties accordées à l'élu
salarié
dans le cadre de l'exercice de son mandat
Des contestations
peuvent naître avec l’employeur (privé ou public) au regard des absences
intervenues au titre du mandat d’élu local (autorisations d’absence et
crédit d’heures).
La fonction d’élu a donc été protégée, à l’instar de ce qui se pratique, par
exemple, pour les délégués syndicaux.
L’employeur (privé ou public) ne peut donc en aucun cas :
- modifier la durée ou les horaires de travail prévus
par le contrat de travail initial, sans l’accord de l’élu concerné,
-
le licencier,
- le déclasser professionnellement,
- le sanctionner disciplinairement,
et ce, sous peine de nullité et de dommages et intérêts au profit de l’élu,
avec réintégration ou reclassement dans l’emploi de droit.
De la même façon, il est interdit à l’employeur de tenir compte des absences
de l’élu pour arrêter ses décisions en matière d’embauche, de formation
professionnelle, d’avancement, de rémunération ou d’octroi d’avantages
sociaux.
Références
Code général des collectivités territoriales
Articles L. 2123-7, L. 2123-8 et L.2123-25 du CGCT
Jurisprudence
Chambre sociale de la Cour de cassation, 17 février 1960, SA Compagnie
Fives-Lille c/ Gaudin
Chambre sociale de la Cour de cassation, 19 juillet 1994, STIMAP c/ Gaquière,
req. n°91-40.941
Fiche du 7.07.2006
Sources AMF |